Les Phoenix 11 appellent les gouvernements à agir davantage pour stopper la propagation des images d’abus pédosexuels

L’enregistrement et la diffusion des abus laissent des séquelles durables et singulières sur les survivantes et survivants

28 août 2018
Pour diffusion immédiate

Winnipeg (Manitoba) : Le Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE) et le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC) dévoilent aujourd’hui, au nom des Phoenix 11, une déclaration de sensibilisation pour faire entendre les voix des victimes et des survivantes et survivants d’abus pédosexuels enregistrés et, dans la plupart des cas, diffusés sur Internet.

Depuis un an, le CCPE et le NCMEC ont tenu plusieurs rencontres avec un groupe de survivantes d’abus pédosexuels et de la diffusion d’images d’abus pédosexuels. Ces rencontres ont amené ces jeunes femmes à s’unir sous le nom de « Phoenix 11 » et à créer un programme de sensibilisation pluriannuel pour faire entendre la voix des victimes et des survivantes et survivants qui, pendant longtemps, ont été marginalisés.

L’un des piliers du programme de sensibilisation est d’appeler les gouvernements à agir davantage pour contrer le fléau mondial de la diffusion d’images d’abus pédosexuels. L’utilisation malveillante du numérique accélère la propagation et la diffusion de ces images, contribue à banaliser la sexualisation des enfants et permet aux abuseurs du monde entier de se livrer beaucoup plus facilement à ces activités illégales et illicites. Le problème ne fait que s’aggraver et les Phoenix 11 sont déterminées à faire ce qu’elles peuvent pour changer les choses pour elles-mêmes et pour les futures victimes.

« Nous sommes fiers de ces jeunes femmes formidables et du courage extraordinaire dont elles font preuve pour prendre la parole et utiliser la force collective de leurs voix pour changer les choses pour elles-mêmes et pour celles et ceux qui continuent de souffrir en silence », a déclaré Lianna McDonald, directrice générale du CCPE.

En prévision de la réunion ministérielle des cinq pays, qui se tiendra au mois d’août en Australie, le CCPE et le NCMEC ont, au nom des Phoenix 11, envoyé des lettres à de hauts responsables gouvernementaux pour faire valoir le droit des survivantes et survivants d’exiger que leurs images d’abus pédosexuels soient retirées rapidement d’Internet et réclamer des mesures et des solutions concrètes pour faciliter le rétablissement des victimes ainsi que l’identification et le sauvetage des victimes actuelles.

« Le NCMEC défend depuis de nombreuses années les intérêts des victimes de la diffusion d’images d’abus pédosexuels. L’heure est enfin venue où ces survivantes fortes exigent de leur propre voix un monde meilleur pour les enfants victimes, dont beaucoup sont actuellement en situation d’abus », a déclaré Michelle DeLaune, directrice de l’exploitation du NCMEC.

Pour mettre en évidence les graves conséquences de ces crimes, les Phoenix 11 ont rédigé une déclaration de sensibilisation qui met en lumière la gravité de l’épidémie sociale.


Déclaration de sensibilisation des Phoenix 11

« Pendant longtemps, nous avons eu peur. Nous avions peur du noir, peur de l’inconnu, peur de notre passé et de son incidence sur notre avenir. Dans notre solitude et notre isolement, nous étions néanmoins exposées au monde. Nous savions que nous n’étions pas seules, mais nous avions peur d’affronter la douleur des autres à cause de ce qu’ils savaient de notre douleur.

L’an dernier, nous avons fait un grand pas en avant pour surmonter nos craintes vis-à-vis de nous-mêmes, nous unir et devenir un moteur de changement. Pour parler au nom de ceux qui sont incapables de parler pour eux-mêmes. Pour rendre l’invisible visible. Pour rendre le bidimensionnel tridimensionnel.

Nous sommes les Phoenix 11. Abusées sexuellement à l’enfance, réduites à des images d’abus pédosexuels et dépouillées de notre dignité et de notre humanité, nous formons désormais un groupe de femmes fortes et nous sommes en train de reconquérir notre identité et notre estime de nous-mêmes.

Désireuses de sortir de l’ombre, nous venons redéfinir ce que cela signifie que d’être des victimes qui étaient impuissantes à contrer les attaques incessantes de la technologie des abus.

Tortures sexuelles, viols d’enfants, séances de photos érotiques, soirées pédophiles, spectacles sexuels d’écoliers, BDSM en continu et désirs sexuels tordus, le tout diffusé dans le monde entier sous forme d’images numériques destinées à satisfaire les besoins insatiables d’une communauté malveillante et pervertie qui tire du plaisir de notre douleur. Nous avons survécu à tout cela.

À présent, le monde entier doit savoir que nous ne formerons plus un collage de fillettes et de garçonnets qui souffrent en silence et dont les images anonymes et souvent sans visage sont diffusées mondialement dans le cybercloaque de l’humanité.

Nous sommes les Phoenix 11.
Entendez notre voix.
Voyez notre force.
Répondez à notre appel.
Personne ne nous arrêtera.
Personne ne nous réduira au silence. »


Pour plus de détails sur les Phoenix 11, visitez protegeonsnosenfants.ca et projetarachnid.ca.

Un porte-parole est disponible pour des interviews à Brisbane.

Pour plus de détails ou pour organiser une entrevue avec un porte-parole du CCPE, contactez :

Téléphone :
204 945-8074

Courriel :
communications@protegeonsnosenfants.ca

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Un mot sur le Centre canadien de protection de l’enfance : Le Centre canadien de protection de l’enfance est un organisme de bienfaisance national voué à la sécurité personnelle et à la protection des enfants. Il a pour objectif de réduire l’exploitation et les abus sexuels d’enfants, d’aider à retrouver les enfants disparus et de prévenir la violence faite aux enfants. Le CCPE gère Cyberaide.ca (la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation et d’abus sexuels d’enfants sur Internet) ainsi que d’autres services de prévention et d’intervention destinés à la population canadienne.