Abus pédosexuels

Le conditionnement

C’est juste la première étape d’un processus appelé conditionnement qui mène à des abus pédosexuels; c’est un comportement qui doit être interrompu.

Les adultes ont le devoir de protéger les enfants contre les abus sexuels. D’où l’importance de savoir déceler les comportements qui présentent un risque, comme les textos à caractère sexuel. Le fait de contester de telles interactions envers un enfant venant d’un adulte permet au minimum de corriger un comportement inapproprié et, à la limite, de désamorcer une infraction sexuelle.

Qu’est-ce que le conditionnement?

Le conditionnement est une tactique utilisée par un abuseur pour gagner la confiance d’un enfant et des adultes de son entourage dans le but d’entrer en relation avec l’enfant et d’exercer une emprise sur lui. L’abuseur s’en sert pour manipuler l’enfant afin qu’il coopère et ainsi faire en sorte qu’il garde le silence et lui revienne systématiquement. L’abseur s’en sert aussi pour manipuler l’entourage adulte de l’enfant afin de pouvoir côtoyer plus facilement l’enfant.

Le conditionnement marque le début du processus d’exploitation ou d’abus sexuel et il est une partie dommageable des abus sexuels.

Est-ce vraiment un problème? La réponse que personne ne veut entendre

Les abus pédosexuels sont-ils vraiment un problème? La réponse courte, c’est oui. La prévalence des abus pédosexuels est plus élevée que la plupart des Canadiens voudraient le croire. La recherche montre qu’environ un enfant sur dix a subi des violences sexuelles avant l’âge de 18 ans1 et que l’enfant connaissait son agresseur dans la vaste majorité des cas2.

Dans les deux dernières années, les analystes de Cyberaide.ca ont classé 305 signalements comme des cas de leurre, une démarche par laquelle un abuseur cherche à entrer en relation avec des enfants. De ce nombre :

  • 39 % des victimes étaient âgées de 13 ans ou moins; la plus jeune avait 8 ans.
  • 43 % des victimes étaient âgées de 14 à 17 ans.
  • 22 % des incidents se sont produits sur Facebook ou Facebook Messenger.
  • 34 % des incidents se sont produits sur Instagram, Snapchat ou KIK Messenger.
  • 9 % des incidents se sont produits sur une plateforme de jeu en ligne.

Tactiques de conditionnement

Les abuseurs utilisent une multitude de tactiques pour manipuler les enfants afin qu’ils se soumettent à leurs demandes. Cyberaide.ca a relevé plusieurs tactiques couramment employées :

  • Communiquer avec un enfant par internet en se faisant passer pour un enfant du même âge (p. ex. un élève d’une autre école, un athlète d’une autre équipe sportive ou quelqu’un que l’enfant connaît pour d’autres raisons).
  • Flatteries, compliments, soutien moral.
  • Promesse d’une vie « meilleure ».
  • Promesse d’une relation « amoureuse ».
  • Promesses de toutes sortes (cadeaux, argent, appareils électroniques, drogue, alcool).
  • Retourner l’enfant contre ses parents (par exemple, en lui disant que ses parents sont trop sévères ou qu’ils ne le comprennent pas).
  • Menaces, coercition.
  • Échange d’images à caractère sexuel pour inciter la victime à envoyer des photos ou des vidéos de même nature en retour.

Est-ce que ça arrive seulement sur internet?

Absolument pas. Les abuseurs ont recours au conditionnement pour entrer en relation avec des enfants où qu’ils soient (club de sport, école, garderie, groupe jeunesse, etc.) afin de les abuser sexuellement. Voici quelques cas récents :

Organismes sportifs

Depuis un an, il est apparu plus que jamais que le milieu sportif a le don d’attirer des individus qui cherchent à entrer en relation avec des enfants dans le but de les exploiter. Une enquête conjointe de CBC News et de CBC Sports menée en 2019 a révélé qu’au moins 222 entraîneurs de jeunes athlètes au Canada ont été condamnés pour des infractions sexuelles à l’encontre de plus de 600 victimes de moins de 18 ans au cours des 20 dernières années3.

Pour en savoir plus sur les abus sexuels dans le sport et sur les mesures à prendre pour remédier à la situation, consultez PrioriteJeunesse.ca.

Écoles

Une étude réalisée par le Centre canadien de protection de l’enfance a relevé environ 750 cas d’infractions sexuelles commises contre au moins 1 200 enfants par environ 714 employés d’écoles primaires et secondaires canadiennes, entre 1997 et 2017.

Pour consulter les résultats finaux de l’étude Les abus pédosexuels commis par le personnel des écoles primaires et secondaires au Canada, cliquez ici.

Ce que VOUS pouvez faire

Il est naturel de prendre ses distances vis-à-vis de quelque chose qui nous met mal à l’aise, mais en pareilles circonstances, sachez qu’un enfant a besoin de votre protection.

  1. Si vous voyez, lisez ou entendez quoi que ce soit de sexuel envers un enfant venant d’un adulte, sur internet ou dans la vraie vie, faites un signalement à Cyberaide.ca
  2. Renseignez-vous pour mieux agir. Cliquez protegeonsnosenfants.ca pour vous renseigner sur les abus pédosexuels : leur prévalence, comment ils surviennent et comment mieux protéger votre enfant.
  3. Tenez-vous au courant de l’évolution des tendances et des dangers d’internet. Visitez ParentsCyberAvertis.ca, un site complet où les parents d’enfants, de préados et d’ados trouveront des conseils de sécurité en ligne et abonnez-vous aux Alertes Cyberaide.ca.

  1. TO Afifi, HL MacMillan, M Boyle et coll. (2014). « Child abuse and mental disorders in Canada », Journal de l’Association médicale canadienne, vol. 186, no 9, p. E324-332.
  2. Ministère de la Justice du Canada (2013). Infractions d’ordre sexuel visant des enfants et des jeunes. En ligne : https://www.canada.ca/fr/nouvelles/archive/2013/02/infractions-ordre-sexuel-visant-enfants-jeunes.html. K. Keighley (2017). « Statistiques sur les crimes déclarés par la police au Canada, 2016 », Juristat, vol. 37, no 1. Ottawa : Statistique Canada. No 85-002-X au catalogue.
  3. Radio-Canada (2019). « 340 entraîneurs accusés de délits sexuels au Canada en 20 ans, plus de 600 victimes ». En ligne : https://ici.radio-canada.ca/sports/1151877/enquete-entraineurs-canada-accusations-delits-sexuels-athletes-mineurs [Consulté le 21 février 2019]