Centre canadien de protection de l’enfance : De plus en plus d’ados victimes de sextorsion sur Internet

Lancement de la première campagne canadienne de sensibilisation et de prévention à destination des garçons

23 mai 2017
Pour diffusion immédiate

Winnipeg (Manitoba) – Le Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE) signale que les cas de sextorsion sur Internet* à l’encontre de garçons adolescents ont augmenté de 89 % depuis deux ans. La multiplication récente des cas impliquant des garçons a incité le CCPE à créer, pour la première fois au Canada, une campagne de sensibilisation et de prévention à destination des garçons. Cette nouvelle campagne, lancée le 23 mai, passe par l’humour pour attirer l’attention des garçons et leur livrer un message important : « Te fais pas sextorquer ». Le site de la campagne (www.tefaispassextorquer.ca) contient des ressources pour les garçons, les écoles et les parents. Il a pour objectif de favoriser le dialogue sur cette problématique et d’offrir de l’aide confidentielle en ligne. Des outils de communication spécialement adaptés pour les ados y sont également offerts en téléchargement, et le mot-clic #tefaispassextorquer invite les garçons à appeler leurs pairs à la prudence.

« Il faut absolument faire de la sensibilisation. Si vous n’avez pas conscience du danger, comment voulez-vous l’éviter?, demande Lianna McDonald, directrice générale du Centre canadien de protection de l’enfance.La sextorsion consiste à piéger les jeunes pour leur soutirer des images à caractère sexuel. “Te fais pas sextorquer”, c’est le message qu’on veut passer aux ados pour les mettre en garde. Il faut faire tomber les obstacles à la communication; les ados n’ont pas spontanément envie de parler de ces choses-là. Notre campagne vient outiller les ados, les parents et les écoles pour discuter plus facilement de ce sujet difficile. »

L’humour comme moyen d’aborder un sujet difficile et d’échapper au piège de la sextorsion

La campagne Te fais pas sextorquer. Envoie un rat-taupe nu fait tomber les obstacles à la communication et utilise l’humour et l’insinuation pour interpeler les garçons adolescents, attirer leur attention et faciliter le dialogue sur la sextorsion. Le rat-taupe nu est utilisé également dans des mèmes que les garçons peuvent envoyer à la rigolade aux internautes qui leur demandent des images de nudité. Cela leur offre un moyen facile de se sortir d’une situation potentielle de sextorsion.

« Nous espérons que l’humour sera pour nous un bon moyen d’attirer l’attention des garçons et de sensibiliser largement la population à la sextorsion, ajoute Mme McDonald. Notre objectif est d’amener les garçons à y penser deux fois avant d’envoyer des nus. On peut craindre la sextorsion, mais on n’a pas à craindre d’en parler. »

Le rat-taupe nu est un rongeur d’Afrique méconnu. Rose et dépourvu de poils, il mesure de 7 à 10 centimètres de long. Il fera parler les garçons à coup sûr et leur offrira quelque chose à envoyer à la place d’images de nudité. Ce rongeur à sang froid est insensible à la douleur et peut survivre 18 minutes sans oxygène. Son rôle de premier plan dans la première campagne canadienne de sensibilisation des garçons à la sextorsion ajoutera peut-être aussi à ses particularités celle de protéger les ados.

La sextorsion sur Internet commence sur les médias sociaux

« Avec l’énorme popularité des médias sociaux, nous considérons la sextorsion sur Internet comme une grande menace pour les jeunes au pays, explique Mme McDonald. Les garçons sont très vulnérables à la tromperie et à l’exploitation à cause de leur curiosité sexuelle et de leur méconnaissance des moyens de répondre à la menace du chantage. Les conséquences sont extrêmement dommageables et la prévention passe par la sensibilisation. »

C’est sur les médias sociaux que les garçons se font aborder par des sextorqueurs qui se font passer pour des ados et qui jouent la carte du romantisme, explique Mme McDonald. Puis la conversation se transporte sur une plateforme de vidéo en direct, et les garçons se laissent convaincre d’envoyer des photos et des vidéos sexuellement explicites d’eux-mêmes. Une fois les images en leur possession, les sextorqueurs font croire aux garçons qu’ils ne les partageront pas à toute leur liste de contacts à condition qu'ils leur envoient d’autres images ou de l’argent. Or, céder à de telles menaces ne fait qu’empirer la situation.


*Nombre d’incidents de sextorsion sur Internet signalés au CCPE en 2015 et en 2016 par l’entremise du www.cyberaide.ca, la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet, comparativement aux deux années précédentes.

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Un mot sur le Centre canadien de protection de l’enfance : Le Centre canadien de protection de l’enfance est un organisme caritatif national voué à la sécurité personnelle et à la protection des enfants. Il a pour objectif de réduire l’exploitation et les abus sexuels d’enfants, d’aider à retrouver les enfants disparus et de prévenir la violence faite aux enfants. Le Centre gère Cyberaide.ca – la centrale canadienne de signalement des cas d’abus pédosexuels et d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet – ainsi que d’autres services de prévention et d’intervention destinés à la population canadienne.

Un mot sur Cyberaide.ca : Depuis sa création en septembre 2002, Cyberaide.ca est devenue un élément crucial de la Stratégie nationale du Canada pour la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle sur Internet. Cyberaide.ca a donné suite à plus de 215 000 signalements venant du public concernant des cas d’exploitation sexuelle d’enfants, et ces efforts ont permis d’arrêter plus de 514 individus, de prendre en charge des centaines d’enfants en situation d’abus et de protéger un nombre incalculable d’enfants tant au Canada qu’à l’étranger. Cyberaide.ca diffuse aussi du matériel de sensibilisation pour aider les Canadiens à se protéger. En 14 ans, plus de 12 millions d’exemplaires de ces ressources ont été distribués gratuitement aux écoles, aux corps de police, aux services de protection de l’enfance, au secteur privé et à d’autres partenaires.