Projets

Recherche : Ouvrir la voie

L’un des grands rôles de Cyberaide.ca consiste à collecter, à compiler et à analyser des données à des fins de recherche, d’éducation et d’orientation des politiques publiques. En sa qualité de centrale canadienne de signalement de cas d’enfants exploités sexuellement sur Internet, Cyberaide.ca est bien placée pour réaliser des études sur l’exploitation sexuelle des enfants, ses victimes et leurs vulnérabilités, ses auteurs et leurs tactiques.

Cyberaide.ca remet à jour et réaligne constamment son processus de signalement et son matériel éducatif en fonction des évolutions constantes de la technologie. Les données compilées par la centrale de signalement permettent de dégager un portrait objectif de l’exploitation sexuelle des enfants et de faire des comparaisons avec d’autres pays et d’autres centrales à l’étranger.

  • Les images d’abus pédosexuels sur Internet : Une analyse de Cyberaide.ca

    En 2016, Cyberaide.ca a rendu public un rapport intitulé Les images d’abus pédosexuels sur Internet : Une analyse de Cyberaide.ca. Ce rapport donne une vue d’ensemble des informations obtenues par l’entremise des signalements transmis à la centrale de 2008 à 2015, notamment en ce qui concerne les images d’abus pédosexuels. Il souligne l’ampleur du fléau des images d’abus pédosexuels sur Internet et la nécessité de déployer plus d’efforts afin d’identifier ces victimes, d’arrêter les délinquants et de réduire la disponibilité de ce contenu.

    Le rapport repose sur l’analyse de près de 152 000 signalements et de 43 762 images et vidéos différentes. Voici quelques faits saillants :

    • 78,3 % des enfants sur les images ont moins de 12 ans
    • 63,4 % des enfants de moins de 12 ans ont vraisemblablement moins de 8 ans
    • 80,4 % des enfants semblent être des filles
    • 50 % des images et des vidéos montrent des agressions sexuelles contre des enfants, et plus les enfants sont jeunes, plus les abus se font intrusifs
    • 68,7 % des images et des vidéos semblent avoir été prises dans une résidence privée

    Les informations présentées dans ce rapport soulèvent de vives inquiétudes relativement à l’intérêt des délinquants pédosexuels pour les très jeunes enfants et montrent combien il est essentiel que les organismes de protection de l’enfance prennent conscience du rapport entre les images d’abus pédosexuels et les comportements délinquants, et des risques que présentent pour les enfants les individus qui accèdent à ces images, qui en possèdent, qui en partagent ou qui en créent.

  • Les images d’abus pédosexuels : Analyse des sites internet par Cyberaide.ca

    En partenariat avec Bell, Cyberaide.ca a dévoilé en novembre 2009 son premier rapport de recherche intitulé Les images d’abus pédosexuels : Analyse des sites internet par Cyberaide.ca. Ce rapport donne une vue d’ensemble de l’information obtenue via les signalements transmis à la centrale, notamment en ce qui concerne les sites qui hébergent des images d’abus pédosexuels sur Internet. Près de 16 000 sites pédopornographiques et de 5 000 images uniques ont été examinés pour ce rapport.

    Quelques faits saillants :

    • 82,1 % des images étudiées par Cyberaide.ca montraient de très jeunes enfants prépubères âgés de moins de 12 ans
    • Sur près de 5 000 images étudiées par les analystes, plus de 35 % montraient des agressions sexuelles contre des enfants
    • 77,6 % des pages web contenaient au moins une image d’un enfant de moins de 8 ans en situation d’abus, et beaucoup montraient des bébés et de très jeunes enfants en train de se faire agresser
    • Les enfants de moins de 8 ans étaient le plus souvent représentés en situation d’agression sexuelle (37,2 %)
    • 83,0 % des images montraient des filles

    Une série de recommandations ont été formulées à l’intention du personnel enseignant, des décideurs, des forces policières et d’autres acteurs qui luttent contre les abus pédosexuels et l’exploitation des enfants sur Internet. Ces recommandations ont entraîné de nombreux changements dans le fonctionnement, le volet technique et les politiques de la centrale de signalement ainsi que dans ses activités d’éducation et de sensibilisation.

  • Leurre, conditionnement et exploitation sur Internet : analyse de signalements d’interactions problématiques avec des jeunes

    Le leurre est un processus par lequel un individu ayant un intérêt sexuel pour un enfant prépare celui-ci en vue de contacts sexuels. Au sens du Code criminel du Canada, se rend coupable de leurre quiconque, par un moyen de télécommunication, communique avec une personne qu’il croit âgée de moins de 18 ans dans le but de commettre une infraction contre elle.

    En août 2007, Cyberaide.ca a dévoilé un premier rapport sur le leurre faisant état de l’étendue du problème, notamment le profil des enfants victimes et du suspect, ainsi que des techniques utilisées par les abuseurs pour manipuler les enfants et les soumettre (processus de conditionnement). Un nouveau rapport, dévoilé en septembre 2012. L’étude porte sur 264 signalements de leurre par Internet venant du public et transmis à Cyberaide.ca, la centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet, de septembre 2007 à juin 2011. Ces signalements venaient parfois des victimes elles-mêmes ou de membres de leur famille. Une bonne part de ces signalements étaient accompagnés d’historiques de conversation qui ont permis aux chercheurs d’étudier plus à fond les interactions des pédoprédateurs et les techniques qu’ils utilisent pour leurrer des enfants sur Internet. Les résultats préliminaires révèlent ce qui suit :

    • 85,9 % des victimes identifiées étaient des filles.
    • L’âge médian des victimes était de 13 ans.
    • L’âge médian des suspects était de 25 ans.
    • Le signalement a été fait par un membre de la famille dans 50 % des cas et par la victime elle-même dans 31 % de ces cas.
    • Dans 24 % des cas, la jeune personne avait reçu des menaces venant du suspect, qui la menaçait le plus souvent de distribuer des images d’elle en sa possession.
    • Dans 93,4 % des cas, le suspect a demandé expressément des images ou des propos ont été relevés concernant des images préalablement transmises. Dans 30 % de ces derniers cas, il est fait mention que la jeune personne avait transmis des images au suspect.
    • Dans 38,6 % des cas, la messagerie instantanée était indiquée comme étant la technologie utilisée par le suspect pour leurrer la victime.
    • Dans 35,5 % des cas, soit le suspect avait transmis des images à caractère sexuel de lui-même à la victime, soit il lui avait demandé d’allumer sa webcam pour ensuite lui montrer une image sexualisée de lui-même.

    Cette recherche a permis d’étudier le comportement de l’enfant et du suspect et leurs interactions. Ces précieuses données permettent de comprendre beaucoup mieux la vulnérabilité des jeunes, leur résilience et les risques auxquels ils sont confrontés ainsi que le comportement des abuseurs qui cherchent à les exploiter. Ces connaissances servent à enrichir et à adapter notre matériel de prévention et de sensibilisation.

  • Sexualisation d’enfants mannequins

    Les signalements à Cyberaide.ca portent en grande majorité sur des cas pornographie juvénile, mais une proportion de plus en plus élevée tombe dans une catégorie souvent appelée « sexualisation d’enfants mannequins ». Ce genre d’images se retrouve souvent sur des sites de prétendus « enfants mannequins ». Environ 5 % des signalements transmis à Cyberaide.ca entrent dans cette catégorie. On en sait très peu sur la prévalence de la sexualisation des enfants mannequins au Canada et la gravité du problème. En sa qualité de centrale de signalement des cas d’exploitation sexuelle d’enfants sur Internet, Cyberaide.ca est bien placée pour se pencher sur la question. En 2013–2014, Cyberaide.ca consacrera un rapport de recherche à ce problème grandissant.